Météorite ou non ?

Aujourd'hui, nous constatons un intérêt grandissant pour les pierres extraterrestres, tant au niveau des scientifiques que des amateurs. Pour un collectionneur averti, il est toutefois possible de trouver au détour d'un chemin, dans un champs, un mur de clôture ou dans les ruisseaux à sec, un spécimen de météorite, plus ou moins bien conservé.


Reconnaître une météorite parmi toutes les roches terrestres est un acte assez délicat et bien difficile pour quelqu'un qui na jamais eu l'occasion de voir et toucher un certain nombre de météorites de différentes compositions.

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L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) :5/5- Les Manuscrits de la Kabylie

Récemment, nous avons localisé dans la région de Bougie de nombreux manuscrits d’astronomie composés par des lettrés locaux, tel que Muhammad Amaziān (19e siècle) et autres. Parallèlement à ces recherches, la découverte en 1994 d’Afniq n’Ccix Lmuhub, par l’association GEHIMAB, nous permet aujourd’hui d’avoir une idée plus claire sur les connaissances en astronomie qui étaient à la disposition des lettrés locaux. Cette bibliothèque, constituée au milieu du 19e siècle, contenait plus de 300 ouvrages, dont plus d’une vingtaine en astronomie.

 

Représentation de l’importante comète C/1769 P1 par Ibn ‘Alī al-Shrīf.

 

 

De nombreuses familles de Béjaïa possèdent des Bibliothèques de manuscrits par héritage. Mais on sait, par expérience, que les kabyles tiennent beaucoup à leurs vieux documents de famille. Du coup, de nombreux ouvrages et documents, qui pourraient servir l’histoire de cette glorieuse cité, qu’est Bougie, restent à ce jour dans l’ombre.

 

 

 

 

Pour en savoir Plus

 

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) : 4/5 - Les siècles de la décadence (16e -19e siècle)

Suite à l’envahissement de Bougie par les espagnoles, au début du 16e siècle, tous les établissements et les monuments de cette ville tombèrent en ruine (la bibliothèque royale, les majestueuses mosquées, les prestigieuses écoles, les palais ornés d’arabesque et de mosaïque, …). Cela a induit, de plus, la décès de nombreux savants et la perte de leurs travaux. Les survivants de ce désastre, se sont réfugiés dans les montagnes environnantes. Du coup, des Zawiya (Institut d’enseignement religieux et scientifique), autrefois peu connu, prennent de plus en plus d’importance. L’une d’elle se trouve à Akbou (Béjaïa). Celle-ci, selon certains témoignages, est à l’origine de toutes les Zawiya à caractère scientifique en Algérie, durant trois siècles consécutifs, et a permit, entre autres, la diffusion de l’astronomie et de l’arithmétique.

Les lettrés kabyles qui ont rédigés des traités en astronomie sont nombreux: al-Rahmūnī (1793 – 1826), ‘Abd ar-Rahmān az-Zwāwī (18e siècle), Sālah al-Jazā’irī (1825-1868), Tahar al-Jazā’irī (1851-1919), ash-Sharfāwī (1884-1944),…etc. Cependant, le traité le plus imposant est celui d’Ibn ‘Alī al-Shrīf (18e siècle). En ce qui nous concerne, ce dernier ouvrage nous a permis, plus que tout, de lever le voile sur les travaux de plusieurs astronomes de Béjaïa, restés jusqu’alors dans l’ombre, tel que : Abū al-Hassan, Ibn balqāssam, Ibn Maziān, Ibn ‘Abd al-Mālak, …etc. Actuellement, ce qu’on reproche le plus à ces astronomes, c’est de se limiter au coté purement utilitaire de l’astronomie (Calendriers, Orientation,…) et de reproduire, sans aucune originalité, les travaux de leurs ancêtres.

 

 

Poème didactique en astronomie, du mathématicien de Biskra  al Akhdarī, retrouvé dans la Bibliothèque de Cheikh Lmuhub. Copie  datée du 19e siècle.

 

L’année julienne, en retard d’une dizaine de jours sur l’année grégorienne, n’a jamais cessé d’être en usage en Afrique du Nord. Elle été employé pour tout ce qui concerne l’agriculture et les occupations journalières, et on employait l’année lunaire pour sa chronologie. De nombreux traités, composés à cet effet, illustrent le procédé pour passé de l’une à l’autre. Grâce à eux, les lettrés d’un village fixent exactement cette concordance et conçoivent des calendriers de l’année julienne.

Toutefois, même si les auteurs de cette époque n’ont apportés aucune avancée significative en astronomie, ils surent répertorier les différents événements astronomiques (étoiles invités, éclipses,…). L’astronome Ibn ‘Alī al-Shrīf, par exemple, rapporte que vers la fin du mois d’Aout de l’année 1769 est apparut une comète avec une très longue queue dans la constellation du Taureau, et qui changeait de position au fil du temps. Il s’agit certainement de la comète C/1769 P1, observé également à Paris au même moment. De plus, il mentionne l’apparition d’une deuxième comète, peu de temps après, observée, cette fois-ci, dans la direction du pole nord céleste.

Vers le début du 20e siècle, les cours et les travaux de l’astronome al-Hāfidhī (1880-1948) marque l’avènement d’une ère nouvelle. Auteur prolifique, celui-ci dresse des tables astronomiques et compose une multitude d’ouvrages en astronomie, en se basant sur les travaux les plus récents.

 

 

Pour en savoir Plus

 

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) : 3/5 - 3- Pratique de l’Astrologie

L’astrologie et la divination n’ont pas étés sans influence sur le développement de l’astronomie. C’est le cas de nombreuses disciplines scientifiques, tel que l’évolution bien connue de l’alchimie en chimie. De là est née la nécessité de l’étude de l’astrologie : son évolution au cours du temps, les différentes disciplines qu’elle intègre, …etc. à Béjaïa, la région qui a vue naitre de grands astrologues (Ibn Haydūr, Ibn Mahfūf,…), l’astrologie était très pratiquée, même par les familles royales. L’éminent astrologue Ibn ‘Azūz, l’un des descendants des princes Hammadides, est un parfait exemple. plus tard, même si le caractère déterministe de l’astrologie n’a pas tarder pas à soulever les citriques de certains penseurs, tel qu’In Khaldūn, au 14e siècle, et Ibn ‘Alī al-Shrīf, au 18e siècle, sa pratique ne fera qu’augmenter.

En astrologie, l’ouvrage d’al-Bunī (m. 1225), l’élève de l’astrologue de Bougie al-Hirālī, était l’un des plus prisés. Selon L. Viardot, le dernier terme de l’Astrologie parmi les musulmans, est le livre d’al-Bunī qui a pour titre le soleil des connaissances. Il passe, dit-on, pour renfermer les secrets les plus surprenants, et les musulmans ne le lisent, comme le Coran, qu’en état de pureté.

A son tour, le disciple d’al-Bunī, le métaphysicien Ibn Sab’īn (1216-1270), célèbre pour avoir répondu aux questions philosophiques que l’empereur Fréderic II de Hohenstaufen avait adressé au sultan almohade, a composé un ouvrage sur l’utilisation de la Zayrja. Sous la forme d’un tableau circulaire, cette dernière nécessite de profonde connaissance en astronomie pour avoir une réponse à une quelconque interrogation. Les personnes désireuses plus d’informations sur cet instrument, trouveront dans les prolégomènes d’Ibn Khaldūn, tout se qui est nécessaire pour combler leurs curiosité.

Parmi les adeptes européens de l’astrologie, on peut citer le célèbre philosophe catalan Raymond Lulle, l’auteur du Tractatus Novus de Astronomia. Lulle, très influencé par les travaux d’Ibn Sab’īn, a effectué de nombreux voyages à Bougie. Il y aurait même étudié les mathématiques vers 1280. Cependant, c’est son voyage de 1307 qui va entrer dans l'histoire. Il permet la seule discussion méthodique de Lulle avec un savant musulman dont il reste un compte rendu. Toutefois, les travaux de Lulle à Bougie sont difficiles à cerner. Néanmoins, il semble qu’il ne se soit intéressé sérieusement à des travaux musulmans que sous l’influence d’une certaine tendance missionnaire intellectuelle. Ainsi, Lulle va se limiter en mathématiques aux problèmes des figures spéculatives et en astronomie à la nature des corps célestes et aux jugements astrologiques.

 

 

Pour en savoir Plus

 

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) : 2/5 - 2- Epoque médiévale (11e -15e siècle)

Située au cœur de l’espace méditerranéen, Bougie, l’ancienne capitale de l’empire Hammadide, qui donna son nom aux petites chandelles et à partir de laquelle les chiffres arabes ont été popularisés en Europe, était l’un des centres culturels et scientifiques les plus dynamiques du Maghreb. Elle était le pôle d’attraction de l’élite intellectuel (musulmanes, chrétiennes et juives) qui viennent y poursuivre leurs études, débattre des idées, faire des recherches et des observations astronomiques. D’ailleurs, les débats y étaient si intense au point que l’astronomie n’était pas intégrée au sein de la même discipline dans la classification de deux savants de Bougie  (la physique pour Ibn Sab`īn, au 13e siècle, et les mathématiques pour Ibn Khaldūn, au 14e siècle).

En effet, Bougie était célèbre par le niveau de son école, avec à sa tête le plus grand mathématicien de son temps, al-Qurashī (m. 1184). D’ailleurs, Quelques connaissances et concepts de l’astronomie, profondément encrées dans les esprits de cette époque et véhiculées au quotidien, nous donne une idée sur le haut niveau d’instruction. Dés le 12e siècle, par exemple, de nombreux lettrés de Bougie étaient convaincus de la sphéricité de la terre et de l’immensité du soleil (Ibn Sab’īn, Ibn Khaldūn, Ibn Sa’īd, al-Gubrīni,…).

D’autre part, les instruments astronomiques ont atteint un degré de complexités et de perfectionnements qui réclament la spécialisation. À Bougie, de nombreux spécialistes, tel que al-Burjī (1310-1384), assure l’élaboration de ses instruments (astrolabes, cadrans solaires, …). D’ailleurs, selon le témoignage d’al-Idrīsī (1100-1166), le célèbre géographe du roi Roger II, il y avait à Bougie toute une industrie d’étranges et exceptionnels engins.

Avant d’observer la période de décadence, nous allons passer d’abords en revue les principaux travaux en astronomie ayant un lien directe avec la ville de Béjaïa.

Au 13e siècle, plusieurs astronomes, et des plus éminents, sont venus à Bougie effectuer des observations. C’est le cas, par exemple, d’Abū ‘Alī al-Hassan. Celui-ci observa la hauteur du pole et détermina la latitude de la ville, 36°5’. Il effectua le même travail, avec une précision bien supérieure à celle des anciens, pour 40 autres villes de l’Andalousie et de l’Afrique septentrionale, et consigna ses observations dans un ouvrage magistral intitulé Collection des commencements et des fins. Ce dernier est considéré comme le plus imposant ouvrage du monde musulman composé en astronomie utilitaire. La première partie de celui-ci a été traduite en français par l’astronome Jean-Jacques Emmanuel Sédillot, qui lui mérita en 1810 un des grands prix décennaux. Un peu plus tard, Louis Amélie Sédillot, le fils de ce dernier, va publier, en 1841, un ouvrage intitulé Mémoire sur les instruments astronomiques des arabe, afin de compléter l’oeuvre de son père.

En 1279, l’astronome andalou Ibn al-Raqqām (m. 1315) établi à Bougie ses premières tables astronomiques. Auteur prolifique, Ibn al-Raqqām peut être considéré comme l’un des plus éminents astronomes du monde musulman. En effet, son œuvre est caractérisée par son originalité et sa créativité. Son traité sur l’astrolabe sphérique, par exemple, est le premier qu’on connaît dans l’Occident Musulman. De plus, il est le premier à avoir utilisé l’analemme (méthode de la géométrie descriptive de tradition Hellénique) pour élaborer des cadrans solaires.

Plusieurs lettrés, qui ont vécus Bougie, étaient versés en géographie. C’est le cas, par exemple, d’Ibn Sa’īd al-Magribī (1214 - 1286). Ce dernier a en effet composé un ouvrage de géographie, en se basant sur les traités de Ptolémée, d’al- Idrīsī, d’Ibn Fātima et d’al-Khawārizmī, et fit accompagner les lieux les plus considérables de leurs longitudes et latitudes. Cependant, ce qui le distingue de ses semblables, est l’intérêt qu’il porte à l’Europe et aux pays non musulmans. L’œuvre d’ibn Sa’īd semble avoir un impact universel. En effet, puisant énormément dans la géographie de ce dernier, plusieurs chapitres de l’ouvrage d’Abū al-Fidā’ (1271-1331) avaient été traduits et publiés en Europe.

L’autre géographe, non moins important, est l’amiral ottoman Piri Reis (1470 - 1554). Vers la fin du 15e siècle, c’est de Bougie, où il a hiverné pendant deux ans, qu’il part en expéditions chaque été. Un peu plus tard, en 1521, il rédige un ouvrage intitulé le Livre de la Marine, qui comprend des descriptions et des dessins de la Méditerranée (villes et Pays qui se trouvent sur ses côtes), ainsi que des informations sur les techniques de navigation et sur des sujets connexes, tels que l’astronomie nautique. Cependant, le plus remarquable de ses œuvres, est la carte géographique du monde qu’il a établie en 1513 (peu de temps après la découverte de Christophe Colomb en 1492) et qui comporte, entre autres, les côtes de l’Amérique Latine et de l’Afrique occidentale. D’une très grande exactitude, cette carte démontre que cette discipline était très avancée à cette époque.

Parmi les savants qui ont également marqué la ville de Bougie, citons Ibn Khaldūn, l’un des plus grands historiens de tous les temps. Dans ses prolégomènes, Ibn Khaldūn nous fournit de précieuses informations, indispensables aux historiens des sciences actuels, sur le relais de la connaissance astronomique jusqu’à son époque. Il a également consacré, dans ce même ouvrage, deux chapitres au problème des conjonctions de Jupiter et de saturne, et un autre à démentir les prévisions astrologiques.

Fidèle au dogme aristotélicien, Ibn Khaldūn place la terre au centre du monde (géocentrisme), et reprend en gros l’idée des huit sphères cristallines (cinq pour les planètes, et trois pour la lune, le soleil et les étoiles), des cercles excentriques et des épicycles. Cependant, il s’interroge sur leurs véritables existences. D’autre part, un autre savant de Bougie, le cosmologiste Ibn ‘Arabī (1165-1240), expose un système différent du précédent. Pour ce dernier, en plus des huit sphères cristallines, il rajoute une neuvième, la sphère environnante. Cette dernière, animée d’un mouvement de rotation (24 heures), entraine avec elle toutes les autres sphères. Ainsi le mouvement de chaque sphère se décompose en deux: un qui lui y est propre, appelé mouvement naturel, un autre qui lui est imposé.

En conclusion, les savants de l’époque médiévale ont préparés à l’astronomie de précieux matériaux pour progresser,  et produire d’importantes conséquences, si seulement les astronomes musulmans des siècles suivants en ont profités.

 

 

Pour en savoir Plus

 

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

 

L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) : 1/5- L’héritage intellectuel

L’astronomie musulmane a débutée au 8e siècle par la traduction de nombreux ouvrages de l’antiquité en langue arabe. C’est le cas de l’Almageste de Ptolémée qui représente le couronnement de l'astronomie hellénistique. Celui-ci, va connaitre un énorme succès, stimuler les recherches et ouvrir de nouveaux champs d’investigations.

D’autre part, la prédiction de l’apparition des croissants lunaires, l’orientation (Direction de la Mecque, …), ainsi que la détermination des instants de prières, constituent, de tout temps, la préoccupation majeure des musulmans. Cependant, on remarque que le moments de ces prières, par exemple, est en relation directe avec la hauteur du soleil, et varie suivant la latitude du lieu et la déclinaison entre le soleil et l’équateur céleste. A cette fin, la pratique de l’astronomie était nécessaire et de nombreux instruments d’observation portatifs (astrolabes, cadrans solaires,…) doivent être fabriqués et développés. D’ailleurs, on verra naitre au 13e siècle une discipline distincte, nommée Science des moments déterminés (‘Ilmal-Mīqāt), qui s’occupe uniquement des prescriptions religieuses liées à l’astronomie.

Au Maghreb, l’astronomie a débuté à Kairouan. Une importante ville fondée en 670 et qui a abritait d’innombrables scientifiques, tel que le célèbre astronome et astrologue Ibn Abī al-Rijāl (m. 1040), connu en Europe sous le nom d’Albohazen. Son principal ouvrage intitulé l’ingénieux en astrologie judiciaire fut traduit en castillan pour le roi Alphonse X (vers 1254), et de là en latin, en hébreu, en portugais, en français et en anglais. Ce remarquable ouvrage a joué un rôle important dans la diffusion de l’astronomie et de l’astrologie musulmane en Europe.

Suite à l’invasion des nomades Hilaliens et la ruine de Kairouan en 1057, les habitants de cette ville, et de l’Ifriqiya en général, sont allés en foule pour s’établir à Mahdia (Tunisie) et au siège de l’empire des Hammadides, la Qal‘at. Cette dernière, bâtie sur le site d’une forteresse romaine, devint une véritable métropole. Cependant, suite à la menace toujours incessante des Hilaliens et la Reconquista chrétienne, qui va mettre un terme à la civilisation andalouse, Bougie, à son tour, va profiter de l’exode de l’élite savante de la Qal’at et de l’Andalousie, dont de nombreux astronomes. A tout cela s’ajoute un autre facteur. Bougie avait, de plus, la particularité d’être un point de passage obligé sur la route occident-orient.

Par ailleurs, la tolérance et l’encouragement des princes de Bougie, ainsi que les relations officielles nouées avec les républiques chrétienne (Gêne, pise, Marseille, Venise, catalogne, Majorque), caractérisées par la signature de nombreux traités (traités de paix, traités de commerce, traités sur les biens des naufragés,…), vont jouer un rôle majeur dans le processus de transmission du savoir musulman, mais cette fois-ci de Bougie vers l’occident chrétien.

 

C’est à Bougie, par exemple, que le fils d’un marchand italien, Léonardo Fibonacci (1170-1240), bénéficie d’un enseignement formidable (mirabili magisterio), selon son propre témoignage, en science du calcul et en algèbre, et s’initie, en plus, aux calculs des latitudes et des longitudes. C’est là un jugement de connaisseur, car Fibonacci est considéré comme le premier grand mathématicien de l’Occident Chrétien. D’ailleurs, de retour à pise, c’est lui qui va faire connaître les travaux des musulmans et stimuler la renaissance des études mathématiques en Europe.

 

 

Pour en savoir Plus

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

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