L’Astronomie à Béjaïa et sa Région (11e – 19e siècles) : 4/5 - Les siècles de la décadence (16e -19e siècle)

Suite à l’envahissement de Bougie par les espagnoles, au début du 16e siècle, tous les établissements et les monuments de cette ville tombèrent en ruine (la bibliothèque royale, les majestueuses mosquées, les prestigieuses écoles, les palais ornés d’arabesque et de mosaïque, …). Cela a induit, de plus, la décès de nombreux savants et la perte de leurs travaux. Les survivants de ce désastre, se sont réfugiés dans les montagnes environnantes. Du coup, des Zawiya (Institut d’enseignement religieux et scientifique), autrefois peu connu, prennent de plus en plus d’importance. L’une d’elle se trouve à Akbou (Béjaïa). Celle-ci, selon certains témoignages, est à l’origine de toutes les Zawiya à caractère scientifique en Algérie, durant trois siècles consécutifs, et a permit, entre autres, la diffusion de l’astronomie et de l’arithmétique.

Les lettrés kabyles qui ont rédigés des traités en astronomie sont nombreux: al-Rahmūnī (1793 – 1826), ‘Abd ar-Rahmān az-Zwāwī (18e siècle), Sālah al-Jazā’irī (1825-1868), Tahar al-Jazā’irī (1851-1919), ash-Sharfāwī (1884-1944),…etc. Cependant, le traité le plus imposant est celui d’Ibn ‘Alī al-Shrīf (18e siècle). En ce qui nous concerne, ce dernier ouvrage nous a permis, plus que tout, de lever le voile sur les travaux de plusieurs astronomes de Béjaïa, restés jusqu’alors dans l’ombre, tel que : Abū al-Hassan, Ibn balqāssam, Ibn Maziān, Ibn ‘Abd al-Mālak, …etc. Actuellement, ce qu’on reproche le plus à ces astronomes, c’est de se limiter au coté purement utilitaire de l’astronomie (Calendriers, Orientation,…) et de reproduire, sans aucune originalité, les travaux de leurs ancêtres.

 

 

Poème didactique en astronomie, du mathématicien de Biskra  al Akhdarī, retrouvé dans la Bibliothèque de Cheikh Lmuhub. Copie  datée du 19e siècle.

 

L’année julienne, en retard d’une dizaine de jours sur l’année grégorienne, n’a jamais cessé d’être en usage en Afrique du Nord. Elle été employé pour tout ce qui concerne l’agriculture et les occupations journalières, et on employait l’année lunaire pour sa chronologie. De nombreux traités, composés à cet effet, illustrent le procédé pour passé de l’une à l’autre. Grâce à eux, les lettrés d’un village fixent exactement cette concordance et conçoivent des calendriers de l’année julienne.

Toutefois, même si les auteurs de cette époque n’ont apportés aucune avancée significative en astronomie, ils surent répertorier les différents événements astronomiques (étoiles invités, éclipses,…). L’astronome Ibn ‘Alī al-Shrīf, par exemple, rapporte que vers la fin du mois d’Aout de l’année 1769 est apparut une comète avec une très longue queue dans la constellation du Taureau, et qui changeait de position au fil du temps. Il s’agit certainement de la comète C/1769 P1, observé également à Paris au même moment. De plus, il mentionne l’apparition d’une deuxième comète, peu de temps après, observée, cette fois-ci, dans la direction du pole nord céleste.

Vers le début du 20e siècle, les cours et les travaux de l’astronome al-Hāfidhī (1880-1948) marque l’avènement d’une ère nouvelle. Auteur prolifique, celui-ci dresse des tables astronomiques et compose une multitude d’ouvrages en astronomie, en se basant sur les travaux les plus récents.

 

 

Pour en savoir Plus

 

  • M. R. Bekli et D. Aissani, 1000 ans d'astronomie à Bougie et en Kabylie, International Journal L'Astronomie, Vol. 124, S.A.F. Ed., Paris, pp. 27–31, Février 2010. http://www.saf-lastronomie.com

  • David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval Maghrib, Deuxième Colloque Maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (Décembre 1988).

 

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